"Il n’y a pas si longtemps, les policiers népalais n’hésitaient pas à tabasser les homosexuels qu’ils
rencontraient, dans les rues de Katmandou ou d’ailleurs au pays. Aujourd’hui, bien qu’il demeure un État éminemment conservateur, le Népal entend se promouvoir comme une destination
«gay-friendly » en incitant les voyageurs gais à gravir l’Himalaya, prendre part à un safari à dos d’éléphant et, pourquoi pas, se marier en haute altitude, au camp de base de
l’Everest – même si ces épousailles n’auraient aucune valeur légale.
L’un des promoteurs de cette forme de tourisme est Sunil Pant, fondateur du tour-opérateur
Pink Mountain. Celui-ci aimerait que son pays – qui dépend essentiellement du tourisme pour survivre –
profite du lucratif marché du tourisme rose, plutôt que de se contenter de celui des routards, qui dorment dans des hôtels bas de gamme et dépensent peu.Également député au Parlement népalais, Sunil Pant est le plus ardent défenseur des droits des gais, lesbiennes et transsexuels du
Népal. Il souhaite que leurs droits – y compris le droit de se marier entre personnes du même sexe – soient enchâssés dans la nouvelle constitution qu’on est en train de rédiger, quatre ans
après la fin de la guerre civile entre maoïstes et royalistes.
Même si le Népal délivre désormais des cartes d’identité du troisième sexe et que
l’homotolérance est à la hausse, il n’en demeure pas moins qu’on ne change pas les mentalités du tout au tout en quelques années à peine. Le Népal a beau être en train de rosir, il a
encore bien du chemin à parcourir avant d’atteindre les niveaux de Montréal, Sydney ou San Francisco, en terme d’homotourisme. En un mot comme en cent, si j’étais gay, j’irais volontiers voyager
au Népal. Mais je ne suis pas sûr que je tiendrais la main de mon petit ami en public."