On savait que Barack Obama voulait jouer l'ouverture, dans la composition de son équipe présidentielle, de son gouvernement, en les ouvrant à ses
opposants démocrates (en offrant le Secretariat d'Etat à Hilary Clinton) et républicains (maintien en place de Robert Gates, Secretaire à la Defense). Ce qu'on savait moins c'est qu'au lendemain
de son élection et de son symbolique discours de Chicago dans lequel il
appelait à une Amérique faite par et pour tous "les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, démocrates et républicains, noirs, blancs, hispaniques, asiatiques, amérindiens, homos,
hétéros, handicapés et non handicapés, etc.", ce qu'on ne savait donc pas, c'est qu'il renouvelerait sa confiance à cette Amérique conservatrice qui a pourtant tout fait pour élire John
McCain.
Barack Obama vient de faire appel au pasteur Rick Warren pour délivrer la bénédiction religieuse le 20 janvier prochain, jour de son investiture à Washington. Premier faux pas du nouveau
Président ? Scandale pour la communauté homosexuelle américaine et pour tous les défenseurs des droits civiques. Barack Obama qui a dit vouloir mettre fin à toutes les discriminations, notamment
celles liées à l'orientation sexuelle, a simplement demandé à être béni par l'un des prédicateurs les plus conservateurs des Etats-Unis, officiant en Californie du Sud, ardant défenseur de la
Proposition 8, qui a déclaré que le mariage homosexuel est "l'équivalent moral du mariage entre frères et soeurs" et que l'avortement n'est plus ni moins qu'un
"holocauste"...
Erreur de casting ? En réponse à ceux qui le critiquait pour ce choix, pourtant bien contestable, Barack Obama a rappelé qu'il restait un "ardent défenseur de l'égalité des gays et des
lesbiennes américains, ce n'est pas un secret..." et qu'il avait aussi invité ce même jour (le 20 janvier) un autre pasteur, Joseph Lovery, "dont les vues diffèrent profondément de
celles de Rick Warren".
Comme le dit Bill Maher, animateur sur la chaîne HBO, "Barack Obama est un homme politique, meilleur que la plupart, mais quand il doit choisir, il choisit la majorité des Américains,
et cette majorité est très croyante... Les gays d'aujourd'hui sont les Noirs d'hier, c'est la dernière minorité qu'on peut encore offenser !"... Est-ce une raison pour laisser dire,
pour laisser faire ?
Il a représenté un espoir, je ne sais toujours pas trop lequel d'ailleurs. Il n'en reste pas moins, et peut-être avant tout, un homme politique et de droite.C'est peut-être même un moyen pour lui de rappeler justement qui il est. Allons savoir...
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Olivier A. > Attendons le 20 janvier qu'il ait les pleins pouvoirs. Nous le découvrirons alors sous son vrai jour. Sera-t-il celui qu'il a promis d'être pour tous ?<br />
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