Peut-on parler de "lobby gay" dès lors qu'on évoque la lutte contre l'homophobie ? Cette dernière semaine Le Salon Beige - un blog d'actualités fait par et pour les laïcs
catholiques - rendait compte sous le titre "Le lobby gay au lycée" d'une décision récente du commissaire du gouvernement à la Cour Administrative de Nancy (Voir l'article recopié ci-dessous). En
fait cette information n'était que le copié-collé d'une brève publiée dans le quotidien Présent
traditionnaliste et lepéniste, et elle était reprise à l'identique le même jour par le site d'informations Eglise Catholique - Chrétienté Info, avec ce
titre accrocheur et très... homophobe ! Réaction de mauvais perdants ? C'est en tout cas mon sentiment, car même si la décision du commissaire du gouvernement vient en opposition à celle
originelle du recteur de l'Académie Nancy-Metz on voit bien à travers le titre donné à l'article que les représentants de l'Eglise Catholique n'acceptent pas cette décision définitive (?) qui
autorise l'association «Couleurs
gaies» à agir dans l'enceinte des lycées...
Vous me direz, à raison, que conformément à leur logique dogmatique ces catholiques "purs et durs", ce faisant, réagissent à l'entrée (à la reconnaissance ?) de l'homosexualité dans les lycées et
qu'il ne faut pas attendre autre chose de leur part. Oui, mais !... Au moment où le Chef de l'Etat ose se lancer dans une "tirade extravagante sur les vertus comparées du curé et de
l'instituteur, toute à l'avantage du premier"* et sous-entendre que les jeunes ont plus à apprendre de la religion que de l'éducation (nationale) je pense qu'il faut se féliciter du jugement
rendu par le commissaire du gouvernement...
"Le commissaire du gouvernement a rendu jeudi à la cour administrative d’appel de Nancy un avis favorable à une association homosexuelle qui voulait mener des actions de prévention contre
l'homophobie dans les lycées. En mars 2005, le rectorat avait refusé cet agrément à l’association homo «Couleurs gaies» [...] Le tribunal administratif de Nancy, en première instance, avait
donné raison au rectorat en décembre 2006. «Couleurs gaies» a fait appel de cette décision devant la cour administrative d’appel de Nancy. L'association a été soutenue dans sa démarche par la
Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE)... Jeudi, le commissaire du gouvernement, pour qui «le sens de l’intérêt général paraît ici acquis» a estimé que
le travail de l’association «ne pouvait être sérieusement contesté par le recteur» et a conclu à l'annulation de la décision du tribunal administratif. Il a invité le recteur à «revoir
sa décision» et demandé 1 500 euros de dommages et intérêts pour «Couleurs gaies»."
* Citation reprise du Canard Enchaîné du 23/01/2008.
Olivier A. > Effectivement ce recteur n'avait pas compris que c'est à l'école, au collège, au lycée, à l'université que la prévention et la lutte contre l'homophobie doivent être réalisées puisqu'elles ne sont pas faites dans la rue, au sein de la cellule familiale ou du monde du travail, par la classe politique...