Vu chez Zé Moi, ce (presque) grand'moment de solitude à l'antenne quand tout ne se passe pas idéalement. Elle a beau avoir un téléspectateur en ligne, avoir
un ou 2 techniciens avec elle en studio, quand ça doit survenir ça ne se retient pas. En même temps c'est ce qu'on appelle la Call-TV, il ne faut pas en attendre autre chose. Tout est dit ou
fait dans les premières secondes de la vidéo. C'est de la m... C'est à gerber ! Qui a dit de rire ?
Je vais me faire pédagogue, pour ceux qui ne sauraient pas comment ça fonctionne ?! La Call-TV, vous savez, ce programme
direct-live qui remplit les heures creuses de votre télévision (= faible audimat) et dans lequel on incite le téléspectateur à appeler un numéro surtaxé dans le but de lui faire gagner trés
rarement une somme d'argent ou un autre cadeau, la Call-TV donc est produite à 99 % (pour l'Europe et le Bassin Méditerranéen) par une société hongroise installé dans un immeuble dont les
étages sont divisés en autant (ou presque) de studios que de "pays clients", un studio servant (suivant les créneaux horaires de diffusion) à réaliser plusieurs directs à la suite l'un de
l'autre, ce quasiment 24 heures sur 24 ! 2 heures de Call-TV française pouvant succéder à une heure de Call-TV turque et précéder 2 heures de Call-TV irlandaise, vous voyez le truc. Du
travail à la chaîne, quoi ?!.. Oui, je sais, le jeu de mots était facile à faire !... Le décor sert pour plusieurs pays, seul l'image de fond est modifiée selon les pays : une vue de la
Tour Eiffel et Paris pour la France, de l'Acropole et du Parthénon pour les Grecs, de la Petite Sirène de Copenhague pour les Danois. Vous voyez le tableau... Les "Call-girls" animatrices
sont originaires du pays de diffusion, ont un contrat de travail précaire pour quelques heures de boulot par semaine, sont hébergées à l'hôtel. On ne peut même pas dire "Soit belle et
tais-toi !" parce que la "Call-girl" passe son temps à parler, à occuper l'antenne à appelant désespérément les rares téléspectateurs à composer le numéro inscrit à l'écran. Un travail
hautement intellectuel pour elle, pour ceux qui regardent ça et qui parfois participent ! Les gains, ou plutôt les profits, sont pour la société réalisant cette Call-TV : la chaîne qui
diffuse le programme perçoit un pourcentage sur les recettes gagnées avec les appels téléphoniques surtaxés, le reste est acquis par l'entreprise hongroise pour payer ses frais de
production, et accessoirement un téléspectateur gagnant par heure de Call-TV. Point trop n'en faut...