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Mon web à moi, ma vie... Mes envies, mes amours, mes humeurs, mes emmerdes et vous !

19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 17:53
  Le viticulteur et négociant bordelais Guillaume de Tastes vient de connaître une étonnante déconvenue. Les États-Unis ont refusé d'importer les bouteilles de son château Haut-Gay à cause d'un poème des Fleurs du Mal de Baudelaire imprimé sur l'étiquette ! "Mon importateur m'a indiqué que les vers de Baudelaire étaient considérés comme de l'incitation à la débauche par le Bureau of Alcohol, Tobacco Firearms and Explosives, qui contrôle les produits qui pénètrent aux États-Unis" explique le producteur de ce bordeaux supérieur.
 Les vers extraits de L'Âme du vin, ne sont pourtant pas vraiment audacieux :
« Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles
 Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité
 Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles
 Un chant plein de lumière et de fraternité
 Puis, en toi je tomberai, végétale ambroisie
 Grain précieux jeté par l'éternel Semeur
 Pour que de notre amour naisse la poésie
 Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ».
 À l'origine, Guillaume de Tastes cherchait un moyen pour que ses bouteilles se distinguent parmi les autres sur les rayons. "J'ai d'abord eu l'idée de la couleur orange, mais j'avais aussi envie de faire saisir au consommateur la philosophie avec laquelle je fais mon vin. J'ai choisi ce poème parce que je trouve que plus on le lit, plus il devient beau" explique-t-il. Mais l'administration américaine ne badine pas avec ce qu'il est permis de faire figurer sur une étiquette ! "J'aurais dû m'en douter" admet le négociant.
 En attendant, ses bouteilles se vendent avec Baudelaire, en France, en Belgique, en Grande-Bretagne en Russie ou en Chine. Mais pour expédier ses 3 000 cols aux États-Unis, il a dû supprimer les vers des étiquettes. "Il était arrivé la même chose à Mouton-Rothschild avec son millésime 1993, avec un dessin de Balthus qui représentait une jeune fille nue" rappelle-t-il.
 La référence est flatteuse et cette mésaventure lui donne aussi un motif de satisfaction. "Cela fait parler de Baudelaire et de mon vin" admet le viticulteur. Pour les prochains millésimes, il prévoit de continuer à orner ses étiquettes de poèmes et envisage la création d'un concours. "Cela offrirait un bon support aux poètes" estime-t-il. Les vainqueurs gagneraient ainsi une distribution internationale… sauf aux États-Unis !
[Source : LaDépêche.fr]

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AL1 - 19/10/2009 6:50PM - - dans Brèves de comptoir
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commentaires

Olivier Autissier 19/10/2009 22:05


En tous, s'il ne s'agit pas d'une affaire montée, elle est le témoignage que nous vivons dans un monde qui va pas bien, au mieux.


AL1 23/10/2009 18:52



Olivier A. > Comme quoi aussi les Etats-Unis sont encore loin d'accepter toute référence aux gays malgré les progrès notables observés ces derniers temps ici ou là...