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Mon web à moi, ma vie... Mes envies, mes amours, mes humeurs, mes emmerdes et vous !

3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 17:54
  "Il aurait pu accomplir ses trois années de prison -écopées pour trafic d'ecstasy en 2003- sans trop d'encombres. Mais pour cela, Manuel Lopez, un Arlésien de 27 ans, aurait dû parvenir à brouiller les ondes de la "radio prison" qui ont rapidement diffusé l'information qu'il préférait les hommes.
 Il aurait en effet pu boucler ses trois années de réclusion entamées à la prison du Pontet (Vaucluse) et parsemées "d'injures, de violences et d'humiliations", comme l'affirment d'une même voix son père, Jean-Pierre, et son avocate, Me Marie Dosé, grâce à une force morale hors du commun. Mais il a failli. Manuel a craqué le 6 mars dernier à 19h, et s'est pendu à l'aide d'un drap dans sa cellule de la prison de la Santé, à Paris.
  Sa vie a basculé le 4 juillet 2005. Date à laquelle l'Arlésien bénéficie d'une journée de permission pour entrer en contact avec un centre de formation qu'il aurait pu intégrer dans le cadre d'un aménagement de peine. "Ce jour-là, il a été lourdement frappé par un codétenu", assure son conseil, Me Marie Dosé.
 Manuel décide alors de ne jamais remettre les pieds à la prison du Pontet et entame une cavale qui durera trois ans. "Il a refait sa vie à Paris. Il avait retrouvé du travail dans un grand restaurant et aussi un nouveau petit ami", détaille son papa. Et justement, c'est après une violente dispute avec cet ami que les policiers du 18e arrondissement ont placé en garde à vue Manuel. Il leur avoue rapidement qu'il a ingurgité une quinzaine de Lexomil avant la dispute pour se suicider.
 Alors le jeune homme est hospitalisé à l'hôtel Dieu puis transféré à la prison de la Santé pour terminer sa peine. "Son dossier faisait largement état de ses tendances suicidaires, il aurait dû faire l'objet d'une attention toute particulière à son arrivée en prison et rapidement rencontrer un médecin et un psychologue", détaille Me Dosé. Selon ses dires, il n'en fût rien puisque cet entretien était prévu seulement le lendemain.
"Toute la chaîne policière, judiciaire et pénitentiaire était au courant de ce risque, mais rien n'a été fait pour le protéger de lui-même", déplore son papa qui a déposé plainte pour "non assistance en personne en danger" avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction du TGI de Paris.
 "Quand la machine déraille, elle ne fait pas semblant", peste l'avocate, précisant que "un mois après son décès, un juge du tribunal correctionnel de Paris l'a condamné à un mois de prison avec sursis pour les violences sur son ami alors que le procureur de Paris enquêtait sur son suicide!". Un suicide que ce Procureur a d'ailleurs classé... sans suite."
Source : Romain Capdepon, LaProvence.com, photo Frédéric Speich

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