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Mon web à moi, ma vie... Mes envies, mes amours, mes humeurs, mes emmerdes et vous !

27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 08:57
logo-la-melee-alpine.jpg  Source : Rue89.com. La tendance "gay friendly" du rugby français se confirme. Figure de proue, le Stade français, ses innovations vestimentaires (du rose, des fleurs) et son incontournable, calendrier de joueurs nus, posant dans des positions équivoques. Mais des équipes de joueurs homos se sont aussi formées, comme la Mêlée alpine à Grenoble. La ville n'a pas d'équipe dans l’élite du Top 14. Il y a bien une tradition rugbystique, et un club historique en Pro D2, le FCG. Et puis il y a la Mêlée alpine. Un club comme un autre, avec un effectif, un maillot bleu... et une orientation sexuelle assumée: quatorze des quinze joueurs que compte l’équipe sont homosexuels.
Christophe Solignac, entraîneur-joueur, a créé le club en 2004. Il a eu l’idée en lisant un article dans le magazine Têtu, consacré au club parisien Les Gaillards, à l’époque unique exemple d’équipe gay en France (on en compte aujourd'hui six).
"J’ai participé à des forums de discussions avec les créateurs du club, et puis le recrutement s’est fait sur Internet, sur des sites de rencontres pour homosexuels."
Petit à petit, l’effectif grossit, alimenté par des passionnés de la région. "A l’origine, il y avait avant tout le plaisir personnel", souligne-t-il. Le fondateur revendique une enfance baignée dans le rugby; chez lui, la passion prend le pas sur le militantisme gay. Le club n'organise pas d'actions spécifiques de défense des droits des homosexuels. Leur seule revendication: prouver que les gays aussi peuvent jouer au rugby.
Le site Internet du club par exemple, affiche sans ambages la réalité: "La Mêlée alpine, l’équipe gay de rugby de Grenoble." S’il n’est pas obligatoire d’être homosexuel pour intégrer l’équipe (qui n'appartient pas à une ligue affiliée à la Fédération française de rugby), autant dire qu’il vaut quand même mieux être à l’aise avec le sujet.
En se fiant aux clichés circulant sur le sexisme des joueurs de rugby, on imagine les difficultés d’intégration de la Mêlée alpine. Et pourtant: "Notre expérience a toujours été positive", affirme Christophe Solignac, "le rugby est un peu comme une grande famille".
Dans l’élite du rugby français, aucun joueur n’a jamais publiquement affirmé son homosexualité. Le sujet est même souvent prétexte à des blagues, de plus ou moins bon goût, dans les vestiaires (le fameux "coup de la savonnette", par exemple).
Lorsqu’on lui parle des propos lestes que tiennent parfois les joueurs de rugby à l'endroit des homosexuels, Christophe Solignac ne cille pas. "Evidemment, je ne veux pas généraliser, car je sais que certains ont eu des problèmes sur les terrains de rugby."
Les membres de l'équipe qui jouaient dans des clubs "traditionnels" auparavant expliquent volontiers qu'ils n'y subissaient pas de brimades ou de discriminations particulières. Rejoindre la Mêlée alpine leur a cependant permis d'afficher ouvertement leur homosexualité sur le terrain. A Grenoble, où ils affrontent le plus souvent des équipes "hétéros", il n’y a jamais eu de débordements ou d’insultes homophobes. Il ya peu, les joueurs rencontraient leurs homologues parisiens des Coqs Festifs et lyonnais des Rebelyons, pour une journée de rencontres amicales. Le spectateur moyen peut sourire en entendant certaines phrases, comme ce "on pousse, on n’est pas des tapettes!", qui prend forcément un sens particulier dans le contexte.
Au programme de la journée: apéro, matchs et troisième mi-temps dans un bar du centre-ville. Rien que de très banal, finalement. Et c’est sûrement la plus grande victoire de la Mêlée alpine.

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