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Mon web à moi, ma vie... Mes envies, mes amours, mes humeurs, mes emmerdes et vous !

26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 18:42

XXY

XXY.jpgC'est aujourd'hui que sort en France "XXY" le dernier film de Lucia Puenzo avec Inès Efron, Martin Piroyansky, Valeria Bertuccelli.
"C'est de manière radicale que cette jeune réalisatrice argentine aborde le thème (incorrect à en juger par la crudité prosélyte des journaux, radios et sites Internet qui leur sont destinés) du malaise et de la pudeur des adolescents devant la sexualité. Alex, son héroïne de 15 ans, est atteinte d'"ambiguïté génitale", terme médical désignant l'hermaphrodisme.
Et loin de toutes intentions égrillardes ou voyeuristes, Lucia Puenzo dépeint la souffrance que cette malédiction provoque chez une jeune fille exposée à la rumeur sociale, à la brutalité d'une médecine parlant de traitements aux corticoïdes et de chirurgies "réparatrices", ainsi que chez ses parents contaminés par cet ostracisme et cernés par la culpabilité.
Les pions sont posés d'emblée. A la fois jolie fille et affublée d'un sexe de garçon, Alex est perturbée par sa différence. Assumant d'être ce qu'elle est, elle décide d'en finir avec les changements d'école, les inspections cliniques et les médicaments qu'on lui impose pour stopper l'essor de sa masculinité. Débarquent chez elle (une maison perdue dans les dunes de la côte uruguayenne) un couple d'amis, père chirurgien, avec Alvaro, leur fils de 16 ans. Tandis que s'affrontent les arguments d'adultes, plus ou moins tolérants, les jeunes se découvrent une attirance.
Plaidoyer pour le libre arbitre, le respect de chaque individu dans son intégrité physique, et le droit de chaque être humain à disposer de son corps et de son identité, XXY dépeint le trouble d'Alvaro (dadais vierge à l'homosexualité rentrée) devant le corps d'Alex (androgyne renfermée mais au désir impatient, qui lui prouve qu'elle possède une façon "spéciale" de le satisfaire). Les deux adolescents se découvrent une complicité amoureuse et sexuelle.
Avec beaucoup de sensibilité et de probité artistique, le film évite les écueils inhérents au sujet. XXY n'est pas un film à thèse conjuguant vulgarisation clinique et plaidoyer moral ni un drame licencieux cultivant le sensationnalisme. Mais une histoire de tolérance qui s'offre un pied de nez aux voyeurs : Alex est violée sur une plage par trois machos qui veulent "voir".
Spécialiste de l'étude d'espèces marines bisexuelles, le père d'Alex incarne la voix d'une sagesse. Il a, avec son épouse, résisté aux pressions des scientifiques qui voulaient filmer l'accouchement, alerter le conseil d'éthique, puis castrer la gamine. Contenant son désarroi, il adopte une belle solidarité avec sa fille, qui refuse la normalisation.
Le film a obtenu le Grand Prix de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2007."

Critique signée Jean-Luc Douin. Source : Lemonde.fr

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