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Mon web à moi, ma vie... Mes envies, mes amours, mes humeurs, mes emmerdes et vous !

6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 22:00
bilde-liban-gay.jpg  "Une association gaie ayant pignon sur rue dans le monde arabe, où être homosexuel peut être puni de mort, cela n'existe qu'à Beyrouth. Mais si le Liban est synonyme d'une relative liberté de moeurs dans la région, l'homosexualité continue d'y susciter l'opprobre.

  «Beyrouth? C'est une bulle de liberté pour les homosexuels», affirme à l'AFP Georges Azzi, coordinateur de Helem (rêve), la première association gaie dans le monde arabe.
  «Les homosexuels y sont beaucoup plus libres, beaucoup plus visibles qu'ailleurs dans les pays arabes ou même au Liban», poursuit-il.
  «Sûrement parce que nous sommes une société hétérogène à tous les niveaux, politique, religieux, culturel, et donc habituée aux différences», ajoute-t-il, en allusion notamment aux 18 communautés religieuses que compte ce petit pays de quatre millions d'habitants.
  Avec ses bars, cafés et boîtes de nuit gais ou «gay friendly», Beyrouth est devenue une destination privilégiée de vacances pour de nombreux homosexuels aisés du monde arabe, en particulier du Golfe, d'Égypte ou de Jordanie, fuyant l'atmosphère pesante de leur pays.
  Quant à Helem, fondée en 2004, elle collabore même avec le ministère de la Santé dans la lutte contre le sida et milite au grand jour pour la dépénalisation de l'homosexualité au Liban.
  Car bien que cette dernière ne soit pas explicitement mentionnée dans le Code pénal, l'article 534 prévoit des peines pouvant aller jusqu'à un an de prison pour les relations sexuelles «contre nature».
  «Au début, les journalistes venaient nous voir comme on va dans un zoo», dit Georges Azzi en riant. «Mais aujourd'hui, nous sommes reconnus et respectés».

  Une évolution qui se traduit aussi dans le langage.

  «Dans les médias libanais, nous sommes passés de "pervers" et "dépravés" à homosexuels, tout simplement», explique Bilal, le responsable du centre beyrouthin de Helem.
  Mais le Liban a beau être plus permissif que le reste des pays arabes, la honte, la peur du scandale et de l'exclusion restent fortes.
  «Vu de l'extérieur, le Liban est un pays libéral, qui respecte les libertés individuelles. Mais nous restons prisonniers du regard de l'autre, de la famille, de la religion, du système patriarcal autoritaire», estime Linda Chartouni Zahm, chercheuse en psychologie sociale à l'Université libanaise.
  «Il y a des homosexuels qui sont menacés de mort par des membres de leur famille, d'autres sont expulsés de leur lycée ou quittent le Liban», renchérit Bilal.
  Et certains mènent une double vie pour sauver les apparences.
  «Personnellement, je refuse de rester dans le placard, mais je suis un cas vraiment exceptionnel», affirme Jean, 37 ans, en fustigeant «les gens qui sont gay le samedi soir, mais pas le dimanche à midi avec la famille».
  À 19 ans, Jean a annoncé à son père qu'il était homosexuel.
  «Sa réaction a été de me dire: "Bon, marie-toi, aie des enfants, et vis ta vie sexuelle à côté, discrètement", en me donnant en exemple des gens qui faisaient la même chose dans son entourage», affirme-t-il.
  «Avoir une descendance et une filiation, c'est très important ici. Et la mère libanaise ne rêve que de marier sa fille», explique Mme Chartouni Zahm.
  Les lesbiennes, elles, sont doublement stigmatisées, assure Nadine, 25 ans, l'une des fondatrices de Meem, un groupe de soutien aux lesbiennes libanaises.
  «Il ne faut pas se leurrer: le Liban reste un pays machiste, conservateur, où les femmes sont victimes de discriminations. Si mes parents ne me laissent pas sortir, ce n'est pas parce que je suis gay, c'est d'abord parce que je suis femme», affirme-t-elle.
  Pour Mme Chartouni Zahm, «les Libanais veulent montrer au monde arabe qu'ils ont l'esprit ouvert, qu'ils sont en avance. Mais dans l'inconscient de la majorité des jeunes gens, les idées conservatrices des parents demeurent».

 
De la difficulté d'être gai dans le monde arabe

  Assimilée à un comportement contre nature et stigmatisée par les religions monothéistes, l'homosexualité reste un tabou majeur dans l'écrasante majorité du monde arabe, où certains pays la punissent de la peine de mort.
  Au mieux ignorés et condamnés à adopter un profil bas, au pire emprisonnés ou menacés de mort, les homosexuels sont passibles de sanctions sévères dans la plupart des pays arabes.
  En Mauritanie, au Soudan, en Arabie saoudite, au Yémen et aux Émirats arabes unis, l'homosexualité est en théorie un crime passible de la peine capitale. En pratique, flagellation et emprisonnement sont les sanctions les plus courantes.
  À Bahreïn, la sodomie est punissable de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. En Algérie, tout auteur d'un acte d'homosexualité peut être condamné jusqu'à trois ans de prison.
  En Égypte, bien que l'homosexualité ne soit pas officiellement considérée comme un délit, une loi relative à la «débauche» prévoit des peines allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement et peut être utilisée pour poursuivre les homosexuels.
  Le 4 octobre, en Arabie saoudite, royaume ultra-conservateur appliquant strictement la «charia», ou loi islamique, deux hommes ont été condamnés à recevoir 7000 coups de fouets chacun après avoir été reconnus coupables de sodomie.

  À travers le monde, plus de 70 pays pénalisent encore l'homosexualité.

  «Pervers», «dépravés», «délinquants sexuels» ou encore «peuple de Loth» et «adorateurs de Satan» restent quelques-unes des dénominations utilisées dans les médias arabes pour décrire les homosexuels.
  Indéniablement taboue, la question de l'homosexualité sort toutefois épisodiquement de l'ombre dans certains pays.
  Elle a été abordée dans le best-seller L'Immeuble Yacoubian (2002) de l'Égyptien Alaa al-Aswany, adapté au cinéma, et plus récemment dans le film Caramel de la Libanaise Nadine Labaki.
  Souvent traitée de pathologie occidentale, l'homosexualité a pourtant été évoquée par la littérature arabe classique.

  Le grand poète arabe Abou Nawwas (VIIIe siècle après Jésus-Christ) en est l'exemple le plus éclatant, lui qui déclarait sans ambages préférer les éphèbes aux femmes."
Source : Inès Bel Aïba - AFP Beyrouth

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