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Mon web à moi, ma vie... Mes envies, mes amours, mes humeurs, mes emmerdes et vous !

22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 11:45

  Juste une cure de rappel, je suis fan de la première heure et j'ai trouvé sur le Net cet article trés bien ficellé, donc un copié-collé et voilà un peu de lecture. Désolé pour ceux qui ont (encore ?) quelques réticences quant aux performances de Mika...

Extrait du Figaro.fr (Figaro Madame), article signé Laurent Mereu-Boulch, photos Félix Larher et autres. Slide-show al1web.


  "Un ange passe… À première vue, la nouvelle fièvre du samedi soir semble totalement inoffensive et n’a aucune raison de vous donner des sueurs. Avec ses yeux de chien battu, ses bouclettes à la Dominique Rocheteau, un autre ange lui aussi, son jean moulant, sa voix douce et son discours super poli(cé?), Mika, grand et beau garçon filiforme, ressemble davantage à une gravure de mode de chez Paul Smith, dont il fut un mannequin éphémère, qu’à la dernière machine à danser du moment.
Durant tout l’été, pourtant, Mika a fait grimper le mercure au maximum dans les boîtes à la mode de Saint-Tropez et d’Ibiza, embrasé les soirées dans les campings de la Côte atlantique et servi de régime slim et fastueux à des millions de nightclubbers qui ont éliminé les toxines sur les tubesques Relax, Take it Easy et Grace Kelly.

 

  « J’ai toujours rêvé d’avoir du succès. Lorsque j’ai commencé à chanter, il y a six ans, on disait que j’étais bizarre, que ce que je faisais était ridicule. Mais je n’ai pas lâché l’affaire. C’est de ça que je suis aussi le plus fier aujourd’hui : avoir vendu autant de disques avec la musique dont je rêvais. Comme quoi, il faut toujours se battre dans la vie. Le sentiment de revanche n’existe pas chez moi, car ça donnerait trop de crédit aux gens que je déteste », explique-t-il dans un français quasi parfait qu’il saupoudre de temps en temps de mots anglais.
Mika, 24 ans, de nationalité américano-libanaise, résident londonien depuis l’âge de 10 ans. Forcément, à force de faire la tournée des popotes promotionnelles à la télé, son histoire commence à être connue, mais on le laisse nous la raconter encore une fois car elle contient tous les ingrédients qui font de son parcours l’une des plus passionnantes et incroyables success stories de ces derniers mois.

 

  Une naissance donc, en 1983, à Beyrouth, en plein chaos libanais. Son évacuation sous les bombes israéliennes par l’armée américaine. L’arrivée à Paris. Son père pris en otage et transféré à l’ambassade américaine au Koweït. Le départ pour Londres, la dyslexie et « les copains d’école qui le traitaient de tapette ». Ses cours de chant « avec les snobs » comme il dit, qui ne juraient que par la musique classique ou la pop super underground. Ses centaines de maquettes envoyées aux maisons de disques qui finissent à la poubelle. Puis la signature, enfin, avec Universal après un casting passé dans le hall d’un hôtel.

 

  « Le déménagement et les temps difficiles que j’ai vécus durant les premières années de ma vie, notamment à Londres, m’ont poussé à m’isoler. Je refusais alors d’apprendre à lire ou à écrire, et même de parler. J’ai été écarté de l’école plus de six mois. C’est à cet instant que la musique est devenue réellement importante. Elle m’a aidé à me réintégrer au monde qui m’entourait. J’ai su à 7 ans que je ne travaillerais jamais dans un bureau comme mon père. Je voulais un métier artistique. Pourtant, à 19 ans, j’avais réussi le concours d’entrer à la London School of Economics and Political Science. J’y suis allé une journée. Je regardais l’horloge. J’étais tout blanc, je n’arrêtais pas de me dire : allez, il faut que tu sortes. Puis je me suis levé et j’ai pris mes affaires. Les gens m’ont regardé, pensant que j’allais vomir. Je n’y suis jamais retourné. J’ai intégré par la suite le Royal College of Music. »

 

  L’ouragan Mika dure depuis huit mois : un vent de la hype sans pitié qui balaie tout sur son passage. Avec plus de trois millions de Life in Cartoon Motion vendus dans le monde, dont 850 000 en France, l’action Mika ne cesse aujourd’hui d’affoler les comptables de sa maison de disques, qui retrouvent enfin le sourire dans un secteur où règne depuis cinq ans un climat morose et délétère. Philippe Laugier, chef de projet chez Barclay : « Pour être honnête, nous n’étions tellement pas préparés à un tel succès qu’il a fallu revoir notre stratégie marketing. Au regard de la grave crise que l’industrie du disque traverse actuellement, ces ventes sont vraiment exceptionnelles, voire inespérées. »
Ce que confirme Olivier Nuc, journaliste au Figaro Magazine : « À l’heure où tout le monde désespère dans les maisons de disques, où l’on rompt les contrats à tour de bras, voilà un type qui cartonne. C’est plutôt rassurant et cela prouve que le marché du CD n’est pas mort. »

 

  « Après l’Angleterre, poursuit Philippe Laugier, la France est le deuxième pays au monde où Mika a vendu le plus de disques. Le public a été très touché qu’il ait grandi à Paris, qu’il parle le français et qu’il connaisse parfaitement notre culture. Je pense aussi que sa reprise de Champs-Élysées dans l’émission Taratata a beaucoup joué en sa faveur. Les raisons de son succès viennent aussi du fait qu’il est transgénérationnel. Il n’a pas une cible précise. Il touche vraiment les 7-77 ans. Beaucoup d’acheteurs du disque de Mika n’ont pas encore la culture du téléchargement. Mais au-delà de sa personnalité et de son histoire, il faut reconnaître que sa réussite est essentiellement due à la qualité intrinsèque de ses chansons. »

  Vu d’avion, c’est vrai, le succès de Mika ne ressemble pas au hold-up de l’année. En concentrant en trois minutes chrono l’esprit cabaret d’avant-guerre, mélodies sucrées des sixties, extravagance et paillettes des années 70, hédonisme et boîte à rythmes des années 80, Mika a réussi à mettre tout le monde dans sa poche, un fait quasi unique dans l’histoire récente de la musique, comme Amy Winehouse.
De la presse spécialisée aux journaux les plus populaires, de l’internationale branchitude aux fans de Michel Berger, des jeunes aux plus âgés, des gays aux hétéros, on ne tarit pas d’éloges sur ce jeune homme dont le talent est indéniable. « C’est tout à fait le genre d’artiste fédérateur, analyse de son côté Hugo Cassavetti, de Télérama. C’est drôle, frais et dansant. Il compose ses chansons lui-même, il joue de plusieurs instruments, on passe vraiment un bon moment. Il tombe à la pointe du consensuel. Pour moi, c’est la version anglo-saxonne de Christophe Willem en moins fabriqué. Bref, Mika est vraiment dans l’air du temps. »

 

  Si ces derniers mois la pop a sérieusement repris des couleurs, ressorti les boules à facettes, réhabilité les cols pelle à tarte et les Brushing à la George Michael grâce à Mika, elle le doit aussi à toute une génération d’artistes extravagants et extravertis qui comme lui se sentent héritiers d’une certaine tradition du music-hall. « En concert, raconte Hugo Cassavetti, Mika gesticule comme un fou, il y a des ballons multicolores qui tombent sur la foule, il arrive déguisé en lion géant entouré de ses musiciens. C’est vraiment le chanteur Récré A2. »

 

  Car contrairement à Freddie Mercury, aux Scissor Sisters, à Elton John ou encore à Rufus Wainwright, à qui pourtant il est fréquemment comparé, Mika n’est pas du genre à cultiver ambiguïté sexuelle et déclarations tapageuses. Hugo Cassavetti : « Il n’incarne pas une menace pour la mère de famille, il séduit les petites filles, les gays, les grandes sœurs, le lecteur des Inrockuptibles comme celui de Télé 7 jours. C’est assez bien vu car comme cela il ratisse vraiment large. Pour moi, il ne prend peut-être pas assez de risques et me paraît encore trop sur la réserve. J’attends vraiment de voir son deuxième album. »

 

  Peut-être aussi parce que, à force de raconter son histoire en boucle, Mika craint d’entrer dans la spirale infernale de la « pipolisation » qui en a envoyé plus d’un sur le carreau : « Je fais très attention à ne pas m’étaler sur ma vie privée. Je sais que vous, les journalistes, vous attendez toujours que l’on vous donne des détails croustillants. Je ne veux pas entrer dans ce jeu. Je ne veux pas être une star à la manière d’une Paris Hilton ou d’une Britney Spears, qui sont déjà flinguées à 30 ans.» Mika certes, mais pas un Mickey non plus !"

 

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